Dire quel jour on est, à quelle heure on se retrouve, en quel mois on part : c'est le premier portugais qui sert vraiment. Et c'est aussi, pour un francophone, le domaine qui réserve la plus belle surprise de toute la langue, parce que les jours de la semaine n'y portent pas de nom mais un numéro. Ce jeu reprend le vocabulaire du temps en cinq familles : les jours, les mois, les saisons et les moments de la journée, l'heure, et les mots qui disent le temps qui passe. Il suit le portugais européen, celui qui est enseigné en France.
C'est la particularité la plus marquante du portugais, et elle déroute tout le monde au début. Là où le français a hérité de noms de planètes et de dieux romains, le portugais compte simplement les jours : segunda-feira pour lundi, terça-feira pour mardi, quarta-feira pour mercredi, quinta-feira pour jeudi et sexta-feira pour vendredi. Seuls sábado et domingo gardent un nom.
Deux questions viennent tout de suite. Pourquoi lundi est-il le deuxième et non le premier ? Parce que le décompte commence le dimanche, considéré comme le premier jour de la semaine. Et d'où vient ce mot feira ? Il désigne un jour de fête religieuse : l'Église comptait les jours de la semaine sainte de cette façon, et l'usage est resté dans la langue courante. À l'oral, les Portugais disent d'ailleurs souvent simplement segunda, terça, sans le feira.
Le décalage entre le numéro portugais et notre semaine est l'erreur classique : segunda veut dire lundi, pas mardi. Il faut se répéter que le dimanche ouvre le compte.
Les douze mois sont janeiro, fevereiro, março, abril, maio, junho, julho, agosto, setembro, outubro, novembro, dezembro, tous en minuscules. Devant un mois, on emploie em : em julho. Pour une date, le portugais dit simplement 3 de maio : le nombre, de, le mois. Pas de nombre ordinal, contrairement à l'anglais.
Les quatre saisons se disent a primavera, o verão, o outono et o inverno. Pour la journée, on distingue a manhã, a tarde et a noite. Attention au découpage, qui ressemble à celui de l'espagnol : a tarde couvre notre après-midi et notre début de soirée. Les prépositions changent selon le moment : on dit de manhã, mais à tarde et à noite.
La règle principale est l'accord du verbe, comme en espagnol et en italien : on dit é uma hora au singulier pour une heure, mais são três horas au pluriel pour toutes les autres. Ensuite, on ajoute les minutes avec e : três e um quarto, três e meia. Pour retirer, le portugais européen a une tournure bien à lui : um quarto para as quatro, littéralement un quart pour les quatre, là où le français dit quatre heures moins le quart. Pour un rendez-vous, on emploie às : às seis horas.
Les trois repères de base sont hoje, amanhã et ontem, avec deux formes composées transparentes : depois de amanhã pour après-demain et anteontem pour avant-hier. On y ajoute les adverbes de fréquence : sempre, muitas vezes, às vezes, nunca. Et deux repères pratiques : há dois dias pour le passé, dentro de uma semana pour l'avenir.
Pour continuer, essayez Vocabulaire portugais vers français et Vocabulaire français vers portugais. La même mécanique existe dans les autres langues, par exemple Les jours et l'heure en espagnol, très proche du portugais.
Pour les jours, oubliez complètement la logique française et comptez. Le dimanche est le premier, donc lundi est le deuxième, segunda. Ensuite tout s'enchaîne : terça, quarta, quinta, sexta. Récitez la suite des nombres portugais en parallèle, le lien devient immédiat. Et retenez que samedi et dimanche, les deux jours qui ne sont pas des jours de travail, sont aussi les deux qui gardent un nom.
Comme en espagnol et en italien : é uma hora au singulier, são pour tout le reste. Dites les deux formes l'une après l'autre plusieurs fois, c'est ce qui ancre la différence.
La tournure um quarto para as quatro surprend, mais elle est très logique une fois qu'on la traduit mot à mot : il manque un quart d'heure pour arriver à quatre heures. Le portugais dit ce qu'il reste à parcourir, là où le français dit ce qu'on retire.
Março, amanhã, sábado, três, relógio : le portugais est riche en accents et en tildes, et ils ne sont pas décoratifs. Le tilde de ã indique un son nasal, celui qu'on entend dans amanhã. Un mot sans son accent est une faute, pas une approximation.
Dans le jeu, une mauvaise réponse affiche aussitôt la bonne. C'est le moment où l'on apprend vraiment : lisez-la à voix haute avant de passer à la suivante. Deux ou trois parties courtes dans la semaine valent mieux qu'une longue séance la veille du contrôle.
Le portugais s'enseigne en France en LV2 et en LV3, principalement au collège et au lycée. Il concerne aussi beaucoup d'enfants de familles lusophones qui parlent la langue à la maison sans forcément l'écrire, et pour qui le travail sur l'orthographe et les accents est particulièrement utile. Ce jeu suit le portugais européen, celui des programmes français.
Cinq niveaux, cinq familles de vocabulaire : les jours, les mois, les saisons et les moments de la journée, l'heure, puis un dernier niveau qui mélange tout. On affiche une expression, l'élève choisit sa traduction. Le jeu fonctionne dans les deux sens : tantôt le français est affiché et il faut trouver le portugais, tantôt l'inverse.
Les jours numérotés sont à la fois la difficulté et l'intérêt du premier niveau. L'erreur systématique consiste à décaler d'un rang, parce qu'un francophone commence naturellement sa semaine le lundi. Il suffit de répéter que le dimanche ouvre le compte pour que tout se remette en place, mais ça demande de la répétition, ce qu'un jeu fait mieux qu'une leçon.
Les autres jeux de portugais du site travaillent le lexique général : Vocabulaire portugais vers français et Vocabulaire français vers portugais. Pour les élèves qui suivent aussi l'espagnol, les deux langues se répondent beaucoup : Les jours et l'heure en espagnol permet de voir les ressemblances et les différences, ce qui aide à ne pas les confondre.