Comprendre un mot portugais qu'on lit ou qu'on entend, c'est la première compétence qu'un élève développe. Ce jeu travaille ce sens précis : on affiche un mot portugais, il faut retrouver ce qu'il veut dire en français. C'est l'exercice de la compréhension, celui qui sert à lire un texte, suivre une conversation ou regarder une série sans sous-titres. Le jeu suit le portugais européen, celui qui est enseigné en France.
Le portugais est une langue romane, comme le français, l'espagnol et l'italien : tous descendent du latin. Cette parenté est une chance énorme pour un francophone, parce qu'une grande partie du vocabulaire se devine. Importante, possível, necessário, experiência se comprennent sans dictionnaire. Un élève qui débute possède déjà, sans le savoir, plusieurs centaines de mots portugais.
Mais cette ressemblance a un revers, et c'est là que le travail commence : les mots qui se ressemblent ne veulent pas toujours dire la même chose, et surtout, ceux qui ne ressemblent à rien sont souvent les plus courants. Janela pour fenêtre, criança pour enfant, obrigado pour merci : aucun indice pour un francophone, et ce sont des mots qu'on utilise tous les jours.
Beaucoup d'élèves abordent le portugais après l'espagnol, ou en même temps. Les deux langues sont très proches, et c'est justement pour ça qu'il faut savoir où elles divergent. Le portugais a des sons et des lettres que l'espagnol n'a pas : le tilde ã et õ, qui marquent une voyelle nasale comme dans irmão ou lição, et la cédille ç, que l'espagnol a abandonnée. Là où l'espagnol écrit hermano, le portugais écrit irmão ; là où l'espagnol dit gracias, le portugais dit obrigado.
Les cinq niveaux vont du vocabulaire de tous les jours au vocabulaire savant. Le premier niveau couvre la maison, la famille, le corps, les couleurs et les verbes de base : casa, mãe, comer, azul. Le deuxième élargit aux animaux, aux lieux et aux sentiments. Le troisième aborde le vocabulaire du récit et de la nature. Le quatrième entre dans l'abstrait avec les mots du raisonnement, hipótese, consequência, avaliar. Le cinquième réunit les mots savants et les verbes de l'argumentation, corroborar, refutar, imprescindível, ceux qu'on rencontre à l'écrit et dans la presse.
Le portugais utilise cinq signes différents, et chacun a un rôle. L'accent aigu (água) et l'accent circonflexe (três) indiquent où tombe l'accent tonique et ouvrent ou ferment la voyelle. Le tilde (maçã) nasalise. La cédille (força) donne le son s devant a, o et u. L'accent grave (à noite) marque une contraction. Un mot écrit sans son accent n'est pas approximatif, il est faux, et parfois il devient un autre mot.
Pour travailler l'autre sens, celui de la production, essayez Vocabulaire français vers portugais. Et pour un thème précis, Les jours et l'heure en portugais reprend tout le vocabulaire du temps, avec la curiosité des jours numérotés.
Sur les niveaux avancés, une bonne partie des mots ressemble au français : importante, evidente, analisar, consolidar. Ne les apprenez pas, reconnaissez-les. Ça libère du temps pour les mots vraiment nouveaux, qui sont presque tous dans les premiers niveaux. C'est le paradoxe de cette langue : le vocabulaire savant est plus facile que le vocabulaire du quotidien.
Janela pour fenêtre, criança pour enfant, obrigado pour merci, cão pour chien : ceux-là demandent un vrai effort de mémorisation. Ce sont les plus utiles au quotidien, donc ceux sur lesquels il faut passer du temps. Un moyen efficace : les associer à une image mentale plutôt qu'à leur traduction.
Ão, ãe, õe : ces sons n'existent pas en français, et c'est ce qui donne au portugais sa sonorité si reconnaissable. Irmão, mãe, lições. Prononcez-les à voix haute en laissant passer l'air par le nez, comme dans notre « on ». Une fois l'oreille faite, ces mots deviennent faciles à reconnaître à l'écrit comme à l'oral.
Si vous étudiez déjà l'espagnol, servez-vous-en, mais en restant attentif aux différences. Beaucoup de mots sont quasi identiques, quelques-uns sont trompeurs. Comparer les deux langues aide à retenir plutôt qu'à confondre, à condition de nommer explicitement ce qui change.
Dans le jeu, une mauvaise réponse affiche aussitôt la bonne. C'est le moment où l'on apprend vraiment : lisez-la à voix haute avant de passer à la suivante. Deux ou trois parties courtes dans la semaine valent mieux qu'une longue séance la veille du contrôle.
Le portugais s'enseigne en France en LV2 et en LV3, au collège et au lycée, avec une implantation forte dans les académies où la communauté lusophone est nombreuse. Il concerne aussi beaucoup d'enfants qui entendent la langue à la maison sans l'écrire : pour eux, le travail sur l'orthographe et les accents est particulièrement utile, parce qu'ils connaissent souvent le mot à l'oral sans savoir le transcrire.
Ce jeu travaille le sens portugais vers français, c'est-à-dire la compréhension. C'est le plus facile des deux, et c'est normal de commencer par là : on reconnaît toujours plus de mots qu'on ne sait en produire. Le jeu complémentaire, Vocabulaire français vers portugais, travaille la production, qui est nettement plus exigeante. Les deux ensemble donnent une vraie maîtrise du lexique.
Cinq niveaux de difficulté croissante, du vocabulaire de tous les jours au vocabulaire savant, avec près de trois cents mots au total. Le nombre de propositions augmente d'un niveau à l'autre, ce qui rend le choix plus fin sans jamais changer la façon de jouer.
Les jours et l'heure en portugais reprend le vocabulaire du temps, avec une particularité qui étonne toujours : les jours de la semaine y sont numérotés. Pour les élèves qui suivent aussi l'espagnol, les deux langues se répondent beaucoup et il est utile de les comparer explicitement plutôt que de laisser la confusion s'installer : Vocabulaire espagnol vers français.