Les articles font partie des tout premiers points de grammaire abordés au collège, et ils reviennent dans chaque phrase que l'élève écrit. L'anglais en compte trois formes seulement : a, an et the. À cela s'ajoute un cas que les élèves français oublient systématiquement : l'absence d'article, que les manuels appellent l'article zéro. Ce travail complète celui de construire une phrase anglaise et de l'ordre des mots en anglais.
On emploie a devant un son de consonne et an devant un son de voyelle. Le n sert simplement à éviter que deux voyelles se rencontrent, exactement comme le t de « a-t-il » en français : on dit a dog, a cat, a book, mais an apple, an egg, an orange.
Attention : c'est le mot juste après l'article qui décide, pas le nom principal. On écrit donc an old book mais a good book, an interesting idea mais a great idea.
C'est ici que se trouvent les pièges classiques du collège, et ils tombent très souvent en évaluation. Ce qui compte est le son que l'on entend, jamais la lettre écrite.
a et an présentent une chose parmi d'autres, encore inconnue de celui qui écoute : I need a pen signifie « n'importe quel stylo ». the désigne au contraire une chose précise, déjà identifiée ou unique : Close the door parle de la porte que l'on voit tous les deux. C'est pourquoi les choses uniques au monde prennent toujours the : the sun, the moon, the Earth, the sky, the sea. On l'emploie aussi devant un superlatif (the best), un ordinal (the first) et l'expression the same.
L'article zéro, l'oubli le plus fréquent. L'anglais n'a pas d'article indéfini au pluriel : « a book » devient simplement books. Même chose pour les noms qu'on ne peut pas compter : on ne dit jamais « a water » ni « a money », mais water, money, music, homework. Un élève français a naturellement tendance à traduire « des livres » ou « de l'eau » par un article : il n'y en a pas.
Certaines tournures s'apprennent telles quelles, parce que l'usage y a fixé la présence ou l'absence d'article. Les plus utiles au collège : go to school, go to bed, at home, have breakfast, play football, watch TV, by car, on foot, speak English, at night se disent sans article. À l'inverse, on garde the dans play the piano, listen to the radio, go to the cinema, in the morning. Le contraste entre play football et play the piano mérite d'être retenu : pas d'article pour un sport, the pour un instrument de musique.
Chaque question présente une phrase courte dont l'article manque : l'élève choisit parmi a, an, the ou l'absence d'article, puis une explication lui rappelle la règle appliquée à ce mot précis. Les cinq niveaux montent dans l'ordre des difficultés réelles : a ou an, puis le pluriel et les indénombrables, puis l'opposition entre indéfini et défini, puis les pièges du son, et enfin un mélange complet avec les expressions figées. Pour continuer, les comparatifs et superlatifs travaillent un autre point de grammaire du cycle 4.
Les erreurs d'articles ne viennent presque jamais d'un manque de connaissance de la règle, mais du réflexe de traduire mot à mot depuis le français. Voici comment installer les bons automatismes.
La question à se poser n'est jamais « par quelle lettre ça commence ? » mais « quel son j'entends ? ». Dire le mot à voix basse suffit à trancher an hour et a university, les deux pièges les plus fréquents en contrôle.
Quand un adjectif se glisse entre l'article et le nom, c'est l'adjectif qui décide. An apple devient a red apple, et a book devient an old book. Un élève qui applique la règle au nom au lieu du mot suivant se trompe une fois sur deux.
Devant un pluriel indéfini, la bonne réponse est presque toujours : rien. « J'aime les chiens » se dit I like dogs, sans article. Un bon test : si l'on peut dire « des » ou « du » en français, l'anglais ne met généralement rien.
Le soleil, la lune, la Terre, le ciel, la mer : il n'y en a qu'un, donc the. C'est une image simple, facile à retenir, et elle couvre une bonne partie des emplois de the rencontrés en 6e et en 5e.
Les tournures figées se retiennent mieux deux par deux, par contraste : play football face à play the piano, watch TV face à listen to the radio, go to school face à go to the cinema. Le contraste crée un repère, la liste isolée s'oublie.
Les articles anglais sont abordés dès la 6e et repris en 5e, où l'on ajoute les cas moins réguliers. Ils font partie des rares points de grammaire qui interviennent dans absolument toutes les phrases produites par l'élève : une hésitation sur a ou an ralentit l'expression écrite comme orale, alors que la règle de base tient en une ligne.
Le français met un article presque partout : « j'aime les chiens », « je bois de l'eau ». L'élève transpose donc naturellement là où l'anglais ne met rien. La difficulté n'est pas de comprendre la règle, mais de désapprendre un réflexe : c'est pour cela que l'article zéro occupe un niveau entier du jeu.
Le plus efficace reste de faire dire la phrase complète à voix haute, article inclus, plutôt que de faire réciter la règle. L'oreille finit par refuser « a apple » d'elle-même, et c'est ce refus spontané qui signale que la notion est acquise. Les niveaux 4 et 5 peuvent être repris plusieurs fois : ils contiennent les cas que les élèves continuent de manquer jusqu'en 3e.
Pour travailler l'anglais autrement, le vocabulaire anglais-français enrichit le lexique de base, et les verbes irréguliers couvrent l'autre grand chantier du collège.