C’est une des premières confusions de l’école, et elle dure longtemps. Les chiffres sont dix symboles : 0, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9. Un nombre s’écrit avec ces symboles, comme un mot s’écrit avec des lettres. Le nombre 237 est formé des chiffres 2, 3 et 7 - trois symboles pour un seul nombre.
L’académie de Normandie la pose ainsi à ses classes de cycle 2 : « Pour écrire tous les nombres entre 0 et 100, combien de fois vais-je écrire le chiffre 3 ? » La réponse est 20. Or il n’y a que 19 nombres qui contiennent un 3. L’écart tient à un seul nombre : 33, où le 3 est écrit deux fois.
Une fois les rangs repérés, la question devient plus fine. Le même symbole ne dit pas la même chose selon sa place : dans 37, le 3 n’est pas un 3, il vaut 30. C’est la distinction que les leçons de CE2 martèlent - le chiffre des dizaines contre le nombre de dizaines - et c’est ce que travaillent les derniers niveaux.
Ce jeu appartient à une série qui suit le chapitre de la numération : Compte le trésor apprend à lire les rangs, Toutes les façons d’écrire un nombre fait reconnaître les écritures équivalentes, et Décomposer un nombre les fait produire.
Le signe que c’est acquis : devant 44, votre enfant dit spontanément « il y a deux 4 » sans hésiter, et il sait que le premier vaut quarante.
Distinguer chiffre et nombre figure au programme dès le CE1, et reste pourtant fragile jusqu’au CM. La raison est simple : dans la vie courante, les deux mots sont employés l’un pour l’autre. On parle du « chiffre d’affaires », des « chiffres du chômage », alors qu’il s’agit de nombres. L’école demande donc une rigueur que le langage quotidien ne pratique pas.
Au-delà du vocabulaire, il y a une difficulté propre au CE2 que les leçons nomment explicitement : dans 326, le chiffre des dizaines est 2, mais le nombre de dizaines est 32. Le premier est un symbole, le second un comptage. Un élève qui n’a pas fait cette distinction se trompera plus tard sur les arrondis, les conversions et les divisions posées.
Une bande de nombres consécutifs s’affiche, et l’enfant clique chaque apparition du chiffre demandé - pas les nombres, les chiffres. C’est ce détail qui fait tout : dans 33, il doit cliquer deux fois. Les niveaux suivants ajoutent une contrainte de place, puis remplacent le symbole par sa valeur : on ne demande plus « les 6 », on demande « les chiffres qui valent 60 », et l’enfant doit traduire lui-même.
Les bandes sont volontairement courtes, entre douze et vingt-quatre nombres. Une bande de quarante nombres contient une décennie entière du chiffre cherché - dix apparitions d’un coup - et la question deviendrait interminable sans rien apprendre de plus. Chaque question demande entre trois et sept clics.
Au dernier essai, les apparitions oubliées s’allument, et le jeu nomme les nombres qui contenaient deux fois le chiffre : c’est la leçon à retenir, pas la liste des erreurs. Le compte total est rappelé en une phrase - « en tout, ce chiffre est écrit sept fois » - parce que c’est cette réponse-là que pose l’énigme d’origine.
Le jeu est gratuit, sans chronomètre en mode zen, et fonctionne sur téléphone, tablette et ordinateur.