Il existe deux façons très différentes de « savoir » une leçon. La première, c’est de la reconnaître : on montre à l’élève le mot notre et il répond que c’est un déterminant possessif. La seconde, c’est de la réciter : on ne lui montre rien, et on lui demande de citer les quinze déterminants possessifs, un par un, de mémoire. La première est utile, la seconde est celle que l’école demande le plus souvent - et c’est précisément celle qu’aucun exercice à choix multiples ne permet de travailler.
C’est le geste que reproduit ce jeu. On choisit les leçons que l’on veut réviser, la grille des cases à remplir s’affiche, et on écrit les mots un par un dans l’unique champ du bas. Chaque mot trouvé va se ranger tout seul à sa place. Rien n’est proposé : si l’on ne se souvient pas de leurs, personne ne viendra le souffler.
Une partie du français ne se devine pas : elle se retient. Les sept conjonctions de coordination, les quatre types de phrase, les terminaisons de l’imparfait, les sept noms en -ou qui prennent un x au pluriel - ce sont des listes fermées, courtes, que les programmes demandent de connaître de façon automatique. Tant qu’un élève hésite sur la liste, il ne peut pas s’en servir pour analyser une phrase : toute son attention passe à retrouver le mot, et il n’en reste plus pour raisonner.
C’est pour cette raison que le jeu ne propose que des listes complètes. On peut citer tous les déterminants démonstratifs, tous les pronoms relatifs, toutes les terminaisons du futur. On ne peut pas citer toutes les prépositions ni tous les adverbes : ces listes n’ont pas de fin, et demander de « les citer tous » serait un mensonge. Elles ne figurent donc pas au catalogue.
Tout se décide sur l’écran de départ, et c’est volontaire : une fois la partie lancée, il n’y a plus qu’à écrire. On coche autant de leçons que l’on veut - une seule pour travailler un point précis, ou six d’un coup pour une révision complète avant un contrôle. Quatre réglages accompagnent ce choix :
Écrire de mémoire, c’est parfois écrire vite, et une faute de frappe n’est pas un oubli de leçon. La reconnaissance des réponses ignore donc les majuscules, les accents et les apostrophes, et tolère une petite erreur de frappe - une lettre sous sept caractères, deux au-delà. En revanche, si la saisie est à égale distance de deux mots de la liste, elle est refusée : deviner à la place de l’élève lui ferait croire qu’il a trouvé un mot qu’il n’a pas écrit.
Pour les listes rangées en tableau - les possessifs, les conjugaisons - la case dans laquelle un mot se pose est déterminée par la leçon. On peut écrire mes avant mon : il rejoindra tranquillement la colonne du pluriel, à la ligne de la première personne.
Réciter une liste vient après l’avoir comprise. Pour découvrir les déterminants et apprendre à choisir la bonne forme dans une phrase, commence par Choisis le bon déterminant, puis vérifie que tu sais les repérer avec Les déterminants. Pour les classes de mots, La nature des mots fait le même travail sur des phrases réelles. Ici, on ne reconnaît plus : on restitue.
La tentation est de tout cocher. C’est le meilleur moyen de se décourager : deux cents cases vides d’un coup, ça ne se récite pas. Commence par une seule leçon, celle que tu viens d’apprendre en classe, avec les cases et les initiales visibles. Quand tu la remplis sans coup de pouce, décoche les initiales. Quand ça passe encore, décoche les cases : là, tu la sais.
C’est le meilleur usage du jeu, et il est impossible sur une fiche. Coche ensemble les pronoms compléments d’objet direct et les pronoms compléments d’objet indirect : les deux grilles s’affichent côte à côte, et tu vois immédiatement lesquels sont communs (me, te, nous, vous) et lesquels distinguent les deux listes (le, la, l’, les d’un côté, lui, leur de l’autre). Même méthode pour les terminaisons du futur et du conditionnel, qu’un seul i sépare.
Les quinze déterminants possessifs sont rangés comme dans le cahier : chaque ligne est une personne (à moi, à toi, à lui…), chaque colonne un genre ou un nombre. Sers-toi de ce rangement pour ne rien oublier : descends la première colonne en entier (mon, ton, son, notre, votre, leur), puis la deuxième, puis la troisième. C’est plus sûr que de citer les mots dans l’ordre où ils te viennent.
Regarde aussi les cases qui s’étalent sur deux colonnes : notre, votre et leur n’ont qu’une seule forme au singulier, masculin et féminin confondus. Cette irrégularité est justement ce qu’on te demandera de savoir.
Les sept conjonctions de coordination s’apprennent avec une phrase : « Mais où est donc Ornicar ? » - mais, ou, et, donc, or, ni, car. Récite la phrase dans ta tête, et écris les mots un par un. C’est exactement pour ce genre de liste que le jeu existe.
Les sept noms en -ou qui prennent un x se retiennent dans l’ordre alphabétique : bijou, caillou, chou, genou, hibou, joujou, pou. Tous les autres noms en -ou prennent un s ordinaire - ce sont bien ces sept-là, et seulement ceux-là, qu’il faut connaître.
Ne l’allume pas pour apprendre : allume-le quand tu sais déjà. Une liste connue se récite vite, et c’est la vitesse qui montre qu’elle est devenue automatique. Deux minutes suffisent pour une leçon, quatre pour deux ou trois.
Quand tu appuies sur « J’ai fini », les mots qui manquaient s’affichent à leur place. Lis-les, puis relance la même partie tout de suite : ce sont eux que tu dois retrouver. Une liste se retient bien mieux en essayant de la citer qu’en la relisant.
Ce jeu entraîne la restitution : citer de mémoire une liste complète, sans aucune proposition. C’est une compétence distincte de la reconnaissance, et elle est nettement plus exigeante. Un enfant peut parfaitement identifier un déterminant possessif dans une phrase et être incapable de citer les quinze. Les deux sont utiles, et le second est ce que demandent les leçons à apprendre.
En revanche, il ne travaille pas l’emploi : savoir réciter les terminaisons de l’imparfait ne garantit pas de les écrire correctement dans une rédaction. La récitation est une étape, pas l’objectif final - elle libère l’attention pour le reste.
Seules figurent au catalogue des listes fermées, c’est-à-dire celles qu’on peut citer en entier. Les prépositions, les adverbes et les mots invariables en sont volontairement absents : leurs listes sont ouvertes, et aucun manuel n’en donne le compte exact. Demander de « tous » les citer aurait été une promesse intenable.
Deux choix méritent d’être signalés, parce qu’ils ne font pas l’unanimité. Les classes de mots sont au nombre de huit (nom, verbe, déterminant, adjectif, pronom, adverbe, préposition, conjonction) : l’interjection, qu’on trouve dans certains manuels, n’est pas au programme du cycle 3 et n’a pas été retenue. Les noms en -ail qui font -aux sont au nombre de sept (bail, corail, émail, soupirail, travail, vantail, vitrail) : la langue en compte neuf, mais fermail et gemmail ne figurent dans aucun manuel de primaire.
L’écran de départ n’est pas un menu décoratif : il permet de doser précisément l’aide, donc de suivre une progression sur plusieurs semaines.
Le chronomètre est désactivé par défaut, et ce n’est pas un oubli : mettre un enfant sous pression pendant qu’il apprend le gêne au lieu de l’aider. Il devient intéressant plus tard, quand la liste est acquise et qu’on veut vérifier qu’elle est devenue automatique.
Les réponses sont acceptées sans tenir compte des majuscules, des accents ni des apostrophes, et une petite faute de frappe est pardonnée. C’est un choix assumé : le jeu mesure la mémoire de la liste, pas l’agilité au clavier. Mais lorsqu’une saisie est aussi proche de deux mots différents de la liste, elle est refusée - il vaut mieux demander de retaper que de créditer un mot que l’enfant n’a pas écrit.
Une leçon seule se récite en deux ou trois minutes. C’est le format idéal pour un rappel court et fréquent : cinq minutes la veille d’un contrôle valent mieux qu’une heure la semaine précédente. Pour une révision de fin de trimestre, cocher une catégorie entière donne une séance de quinze à vingt minutes.
Les listes non trouvées s’affichent en fin de partie. C’est le moment le plus utile : les relire puis relancer immédiatement la même sélection ancre bien mieux qu’une relecture du cahier.
La compréhension vient d’abord. Choisis le bon déterminant apprend à choisir la bonne forme dans une phrase, et Les déterminants à les repérer et les nommer. Ce jeu vient après, pour vérifier que la leçon est vraiment sue.