En français, le son nasal que l'on entend dans « grand », « pont » ou « chanter » s'écrit presque toujours avec la lettre n. Mais il existe une règle très régulière que l'on apprend au CE1 et que l'on consolide au CE2 : devant les lettres m, b et p, ce n se transforme en m. C'est pour cela qu'on écrit « jambe », « tambour », « compote » et « important », et jamais « janbe » ni « conpote ». Cette règle fait partie des régularités orthographiques du cycle 2, au même titre que les accents et que les homophones grammaticaux.
La méthode tient en un geste : on ne regarde pas le mot entier, on regarde uniquement la lettre qui suit le son nasal.
Beaucoup d'élèves retiennent la formule « devant b et p » et oublient le troisième cas. Or la règle vaut aussi devant m : c'est ce qui explique les deux m de « immense », « immobile », « emmener » ou « emménager ». Symétriquement, devant un n, la lettre reste un n : « innocent », « ennuyeux », « année ».
Dans un mot long, chaque son nasal se décide séparément. Le mot « printemps » en est le meilleur exemple : le premier son garde son n parce qu'un t le suit, le second prend un m parce qu'un p le suit. On écrit donc printemps. Même raisonnement pour « indépendant », « ensemble », « compagnon » ou « température » : on traite une lettre à la fois, sans se laisser impressionner par la longueur du mot.
Les cinq exceptions à connaître par cœur. Cinq mots seulement gardent leur n devant b ou p : bonbon, bonbonne, bonbonnière, embonpoint et néanmoins. Une phrase permet de les mémoriser d'un coup : « Néanmoins, ce bonbon de la bonbonnière donne de l'embonpoint ! » Il n'y a rien à comprendre ici, seulement à retenir.
Quelques mots font l'inverse : ils prennent un m alors qu'aucun m, b ou p ne suit. Les deux plus courants à l'école élémentaire sont automne et condamner. Ils s'apprennent comme les exceptions, par la mémoire visuelle du mot. Les rencontrer régulièrement dans des exercices est le meilleur moyen de les fixer.
Chaque question affiche un mot dont il manque une lettre : l'élève choisit n ou m, puis une explication lui montre la lettre qui suivait et le cas concerné. Les cinq niveaux suivent la progression du cycle 2 : la règle de base sur des mots courts et fréquents, les mots longs à plusieurs sons nasals, le cas oublié du m devant m, les cinq exceptions, puis un mélange complet qui ajoute les mots en mn. Ce travail prolonge naturellement celui de les homonymes et de homophones grammaticaux, où le sens et la forme se décident ensemble.
La règle du m devant m, b, p est l'une des rares régularités orthographiques du français qui se vérifie presque toujours. Autant en faire un réflexe.
Avant d'écrire, l'élève doit poser son doigt sur la lettre juste après le son nasal. Ce geste évite l'erreur la plus fréquente : choisir au feeling, en se fiant à ce qu'on croit entendre. Le son ne dit rien de l'orthographe ici : c'est la lettre voisine qui décide, et elle seule.
« Néanmoins, ce bonbon de la bonbonnière donne de l'embonpoint ! » Une seule phrase contient les cinq mots à retenir. La faire répéter deux ou trois fois suffit généralement, et elle reste en mémoire des années.
Devant « indépendant » ou « printemps », beaucoup d'élèves paniquent et décident du mot entier d'un bloc. Il faut leur montrer qu'on peut découper : chaque son nasal est un petit problème indépendant, avec sa propre lettre suivante et sa propre réponse.
Si un élève écrit « imense » ou « emener », ce n'est pas qu'il ignore la règle : il l'a apprise sous la forme incomplète « devant b et p ». Reprendre la règle avec les trois lettres, en énumérant m, b, p à voix haute, corrige durablement ces mots à deux m.
La règle se récite en dix secondes mais se fixe en l'utilisant. Une courte dictée de cinq mots par jour, mêlant des mots réguliers et une exception, vaut mieux qu'une longue séance une fois par mois. Le jeu remplit ce rôle : dix mots par partie, avec la correction expliquée à chaque fois.
La règle du m devant m, b, p apparaît au CE1 dans les programmes de français du cycle 2, et se consolide au CE2 puis au CM1 avec des mots plus longs et les exceptions. Elle fait partie des régularités que les élèves doivent avoir automatisées avant l'entrée au collège, car elle concerne un très grand nombre de mots courants.
Contrairement à beaucoup de points d'orthographe française, celui-ci est presque sans exception : cinq mots, que l'on peut apprendre en une phrase. Un enfant qui maîtrise ce point gagne donc immédiatement en fiabilité sur des dizaines de mots fréquents, ce qui est très motivant. C'est aussi une bonne occasion de faire comprendre qu'en orthographe, on peut raisonner au lieu de deviner.
Le jeu est conçu pour être utilisé seul, mais quelques minutes à deux changent beaucoup de choses : demandez à votre enfant de dire à voix haute pourquoi il a choisi n ou m avant de valider. Verbaliser la lettre suivante transforme la règle en méthode. Les niveaux peuvent être repris dans l'ordre autant de fois que nécessaire, les mots étant tirés au sort dans une longue liste à chaque partie.
Pour continuer sur l'orthographe, les accents travaillent un autre point de graphie du cycle 2, et les homonymes abordent les mots qui se prononcent pareil mais s'écrivent différemment.